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Un peu d’histoire…

Une ressource essentielle pour l’humanité

Apparition des premières espèces :

Les ancêtres des gastéropodes et des bivalves, assez similaires à ceux que nous connaissons actuellement, ont commencé à prendre forme au trias inférieur : les coquilles Saint-Jacques sont apparues il y a 240 millions d’années.

Les ancêtres des oursins, des bigorneaux et des huîtres sont apparues il y 180 millions d’années.

On en trouve de nombreuses traces fossiles dans les calcaires de la région bordelaise.

Les hommes du néolithique, il y a 5 000 ans, semblent déjà s’en être régalés, à en croire leurs « restes de cuisine » où les coquilles de notre Ostrea edulis (huître plate) font bonne figure !

Une passion sous l’Antiquité …

Chez les Grecs, l’huître était très prisée, en particulier pour les vertus aphrodisiaques qu’on lui attribuait…

Durant l’Antiquité, on fit honneur aux coquillages : des amoncellements de coquilles d’huîtres et de moules sont retrouvés autour des habitations des zones côtières.

L’huître était alors si commune qu’à Athènes, où est née la démocratie, on utilisait sa coquille comme bulletin de vote servant à bannir un citoyen jugé indésirable. C’est de cette coutume que vient le mot d’ostracisme.

Dans les banquets romains des riches familles, l’huître avait aussi sa place, et c’est d’ailleurs un Romain, Sergius Orata, qui inventa le premier système de parc à huîtres. Elles étaient également importées d’Angleterre et de Gaule.

On a ainsi retrouvé de nombreuses coquilles d’huîtres à côté des villas, témoins de cette passion.

De la pêche à l’élevage :

On trouve des traces de coquilles d’huîtres dès la Préhistoire mais les Chinois furent les premiers éleveurs. Pour se faire, ils avaient inventé un ingénieux système de pieux de bambou plantés dans le sol et dont les entailles portaient des coquilles comme supports de fixation.

Les Romains faisaient une grande consommation et un commerce luxuriant d’huîtres. C’est donc le Romain Sergius Orata, qui vivait un siècle avant notre ère, qui a été le fondateur de l’ostréiculture européenne. Il est le premier à créer des parcs à huîtres : il fit grossir dans des lagunes des huitres provenant du littoral.

Les Romains parvinrent à fixer les larves d’huîtres sur des branches d’arbres, maîtrisant ainsi l’ensemble du cycle de vie.

Au Moyen-Age, les huîtres étaient consommées par les populations aisées dans les villes et constituaient un plat de pauvres dans les régions de production.

A la Renaissance, de nombreux marchands d’huîtres firent leur apparition à Paris, ville qui faisait une grande consommation d’huîtres à cette époque.

Sous Louis XIV, les huîtres vertes connurent leur apogée alors que les claires s’étaient généralisées à Marennes. A partir du 18 siècle, la production augmenta prodigieusement. On ne connaissait alors que les huîtres plates sur les côtes françaises. Partout, on en prélevait de plus en plus et la pénurie s’annonçait.

Dès 1750, on tenta de protéger la ressource par des interdictions de pêche temporaires, puis avec des autorisations spéciales pour exploiter le domaine public maritime.

Ces réglementations étaient cependant très difficiles à faire accepter par les populations locales dont la survie dépendait de cette activité.

En 1854, De Bon, commissaire de la pêche, inventa un système de plancher-collecteur qu’il installa au-dessus des bancs durant la période de frai afin de collecter le naissain.

Ce naissain pourrait alors repeupler et recréer des bancs.

Le naturaliste Victor Coste, la même année, étudiant le captage et l’élevage du naissain, expérimenta les premiers parcs d’élevage à Arcachon puis en Baie de Saint-Brieuc.

S’inspirant des techniques romaines, il parvint à implanter la culture des huîtres sur la côte atlantique.

Les parcs se multiplient un peu partout sur le littoral Atlantique, mais également en Méditerranée, avec des techniques toujours plus perfectionnées. Les anciens pêcheurs deviennent alors des ostréiculteurs !

Deux événements majeurs vont marquer l’ostréiculture :

• l’huître plate, victime de deux épizooties en 1968 et 1980, est encore loin d’avoir retrouvé son niveau de production ;

• la disparition en 1970 de l’huître portugaise, Crassostrea angulata, remplacée par la Crassostrea gigas, dite japonaise.